samedi 20 septembre 2014

Serait-ce l'heure de Léon Kengo ?

Ceux qui suivent les infos du pays de Mbuta Simon, ont sûrement remarqué le renouveau qu'à pu se racheter Léon Kengo Lubicz sur base d'un seul discours axé contre la modification de la constitution. Était-ce à ce point innocent ?
Jamais homme n'a été autant haï sous la 2ème république du "tata bo ...".
Procureur général, il osa envoyer Luambo Franco (Proche de Mobutu) à Luzumu pour chansons obscènes.
Plusieurs fois 1er ministre sous Mobutu, il prit autant de mesures impopulaires qui lui valurent le surnom de l'homme de la rigueur. Dans le mauvais sens.
Durant la CNS, il devint "la 3ème voie" alors que l'on attendait le retour de Tatu Etienne. A l'époque, il s'était déjà autoproclamé opposant au pouvoir comme il est aujourd'hui. Une technique qui a déjà fait ses preuves.
En 1997, il osa détaler de Kisangani alors qu'il promit que celle-ci ne tombera jamais. Début de l'exil comme la majorité de ses compères mobutistes.
L'homme fut canardé des cailloux lorsqu'il osa une tentative avortée de retour à Kin-Malebo. Action que d'aucuns n'hésitèrent pas à attribuer à un membre du 1+4 de sinistre mémoire. Mais ce ne fut que partie remise.
Une fois son retour enfin réalisé, il osa verser quelques dollars à la banque nationale pour solde d'impôts, geste que les autres dinosaures n'imitèrent pas.
Il osa se présenter au Sénat alors que le pouvoir y présentait son poulain She Okitundu qu'il battit à plate couture.
En 2011, il osa une candidature présidentielle qui avait plutôt l'air d'une opération d'éparpillement des voix grandeur nature. Avec une conférence à Bruxelles avec le Tatu national à la clé. Je n'ai jamais compris pourquoi celui-ci y participa d'ailleurs. Il fallait l'oser et il l'osa.
En regardant vers 2016, je retrouve les mêmes pions : Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi, Léon Kengo et Vital Kamerhe. Mais dans des positions pas très claires et disparates. Aujourd'hui, en cas de vacance de pouvoir, c'est Léon Kengo qui sera le président du pays de Simon Kimbangu. Eh oui !
J'ai appris que le dauphin Léon a été reçu par le titulaire Jo Kabila il y a quelques jours. J'ai tendu mes oreilles pour fouiner sans rien entendre. J'ai donc imaginé ce qui suit (Cela n'engage bien entendu que mon imagination!!)
Si l'un de ces scénarii se réalise, rappelez-vous que « likambo nalobaki lobi, monoko na ngai nganga ... ». Traduction : J'aurai parlé comme un devin.
*Scénario 01 : un peu à la Poutine, mais en version améliorée.
Kengo est nommé 1er ministre du gouvernement de cohésion nationale et crie pendant 2 ans qu'on ne modifiera pas la constitution. Elle ne le sera pas.
En 2016, Kengo est élu président de la RDC par la population parce qu'il a protégé l'article 220 contre toute modification kabiliste.
Kabila, qui sera sénateur en tant qu'ancien président, est élu président du Sénat par le MPR (En accord avec l'UDI et le MP sans le R) parce qu'il les a laissé tranquille depuis qu'il est là; (Mwana malamu, il n'est pas comme celui qui est à la Haye !)
Ensuite, Kamerhe est élu président de l'Assemblée Nationale par l'UDPS rénovée et consorts pour l'image d'opposant qu'il s'est donné (A force de longues, très longues explications et beaucoup des dates à l'appui !) Appuyé en coulisse par le MP sans le R. N'oublions pas qu'il reste le père du PPRD quoi qu'en dise ceux qui en mange aujourd'hui.
Dans cette version, Kabila est le numéro 2 du pays donc virtuel président en cas de bobo de l'autre ou de limite d'âge atteinte. Jeunesse et loi aidant, il pourra revenir (Comme Poutine) par la grande porte. 
Pas de modification de la constitution donc au cas où ...
*Scénario 02
Matata Ponyo est nommé 1er ministre du gouvernement de cohésion nationale.
En 2016, le Tatu national est élu président de la RDC pour calmer la population et une transition apaisée. Tout le monde se retire pour être sûr qu'il passera. Tout en sachant qu'il est de la génération de Gizenga. Voyez-vous ce que je veux dire ?
Kengo, qui se fera élire député à Libenge pour le besoin de la cause, est élu président de l'Assemblée par la magie de la majorité avec Kamerhe comme vice-président au cas où...
A vous de trouvez où sera JOKA en tant qu'ancien président ... et au cas où ... Pas de modification de la constitution donc au cas où ...
*Scénario 03
Matata Ponyo est nommé 1er ministre du gouvernement de cohésion nationale.
Mais le peuple, qui y en a marre, se soulève et chasse tout ce beau monde. Opposition, majorité et les descendances y comprises. Et après ? Je vous laisse deviner ...
Volontairement, je m 'arrête là. Vous pouvez m'envoyer vos suspicions qui seront aussi publiées. Promis. Monoko na biso nganga ...
@+ sur http://www.rd-congo.info/ dit le fouineur de la RDC  

vendredi 13 décembre 2013

Moi y en a être opposant

Force m'est de reconnaître que du temps de Nzinga Nkuvu l'opposition n'existait pas. Il y avait sûrement des mécontents mais personne ne remettait en cause le pouvoir de la royauté ni la filiation du roi régnant.
En ces temps où nous nous prétendons baignés par cette démocratie nous léguée par les athéniens antiques, il serait sûrement temps que nous puissions revoir les bases cette invention grecque plus de 500 ans avant le fils du charpentier. Ne fut-ce que pour faire plaisir à Périclès, Solon et Clisthène.

En 1969, au journaliste belge François qui lui rappelait que dans la démocratie occidentale on ne pendait pas les politiciens, feu le léopard lui tint ces propos (Résumés) : Cher ami, je vous rappelle que nous ne sommes pas des occidentaux mais des bantous. Nous pouvons appliquer la démocratie mais pas à la lettre. La nuance est qu'on ne peut pas blaguer avec un chef. Celui-ci décide et c'est tout. Et d'ajouter par ailleurs: Dans nos villages, il n'y a pas deux chefs dont l'un régnerait à la sortie du village. Nous avons vu le résultat.
La Grèce, elle-même, est moribonde aujourd'hui parce qu'elle a oublié les fondements de son invention. Se rappelle-t-on encore qu' Alexandre le Grand était grec ? Sûrement tout autant qu' Angwalima était congolais.

Au fait, quel est l'intérêt de l'opposition en démocratie ?
L'opposition est primordiale parce qu'elle est le contre-pouvoir de la majorité qui forme le gouvernement. Elle est le barrage qui empêchera le pouvoir de faire n'importe quoi allant à l'opposé du bien-être, du droit social ou simplement des libertés de la population. Elle est un recours pour les mécontents qui souhaitent un changement. Si par bonheur (Malheur pour les autres), la majorité perd le pouvoir, le peuple pourra voir une nouvelle classe politique sortir parmi les opposants prête à assumer la direction du pays. Accédant ainsi à des hautes fonctions.

Le rôle dévolu à l'opposition est changeant suivant l'importance qui lui est donné dans la nation. Dans les pays comme les USA, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Allemagne, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et d'autres, il existe une fonction officielle de chef de l'opposition. C'est comme un président pour le camp d'en face qui permet à celui-ci d'avoir une ligne directrice cohérente. Le français désigne par opposition, les partis politiques ou les mouvements n’appartenant pas à la majorité parlementaire et donc s’y opposant. Pour des infos plus poussées, merci de relire vos cours de science-po (S'ils ne sont pas à la poubelle).

Si je me dis « Moi y en a être opposant », je devrai confesser tous les jours :
L'opposition n'est pas un métier mais un idéal qui peut être ingrat. En opposition, je n'ai que des adversaires d'idées et non des ennemis. Ceux-ci ont des droits tout comme moi.
Je ne dois pas m'opposer à tout, a tous et à rien. Si non, je dois faire attention à tout et à tous sauf à rien.
Ai-je un poids politique ? Je dois me peser tous les jours pour être au courant.
Quelle est l'alternative que je propose par rapport au pouvoir en place (Mis à part « il doit partir) ?
Ayant rendu hommage à Mandela, est-il un exemple pour moi ? Réponse en sourdine autorisée.
La RDC est-elle toujours dirigée comme en 1969 ? Si non, très bonne nouvelle. Si oui, peine perdu ...

J'ose croire que la famille de ceux réfléchissent sera d'accord avec moi : Nous avons besoin d'un pouvoir en place fort et d'une opposition ultra-forte. L'une empêchera l'autre de nous mener dans la brousse. Sans oublier que la politique est un art de compromis que beaucoup semble oublier au pays de Simon Kimbangu. Foi du fouineur. (Dessin : Damien Glez/RNW)

@+ sur http://www.rd-congo.info/ dit le fouineur de la RDC

dimanche 8 décembre 2013

Joseph Kabila, se ki sa ?

Les descendants de Nzinga Nkuvu ne font jamais rien comme tout le monde. Ils ont un président que son opposition considère qu'il n'a ni père ni mère , ni même d'origine congolaise. Peut-être même pas de commencement. Certains ont recommandé un test ADN sur le prétendu faux-père mais personne n'en demande sur le père supposé. Et le résultat devra obligatoirement dire qu'il est rwandais. D'aucuns disent que c'est un adopté tout en oubliant que l'adopté a les mêmes droits que le biologique. Un débat qui n'a jamais été clôturé. Passons.

Suite aux événements récents que nul n'est censé ignoré (Comme la loi !), les pros et les contres ne parviennent toujours pas à s'entendre comme d'habitude. Le camp "Ni tour yetu sasa" jubile parce que, sous le règne de leur poulain, les FARDC ont enfin une victoire. Mais en face, chez les "Il doit partir", on crie au théâtre de chez nous sans vrai guerre comme les élections de 2011 sans bulletins de vote !

Donc qu'on l'appelle Hippolyte Kanambe, alias Kabila, Joka, Joe le taxi ou simplement Joseph, il est l'insomnie de ses opposants et la bénédiction de ses courtisans. D'aucuns osèrent quelques écrits dignes des grimoires d'antan : Antoine Ghonda osa "Joseph Kabila, mythe ou réalité". Et Vital Kamerhe certifia « Pourquoi j'ai choisi Joseph Kabila » (Écrira-t-il « Pourquoi j'ai renié Joseph Kabila» pour expliquer son volte-face d'aujourd'hui ?)
Une certitude au moins, quelques opposants d'hier qui ont rejoint le gâteau comme Ghonda, Kamitatu ou Mwamba, ne souhaitent plus le départ de Kabila. Ni tour yetu sasa oblige. Kamerhe demande un départ mais pour 2016 seulement. Valide-t-il les élections de 2011? En attendant, le Président peut rester.

La plus grosse gaffe de ceux qui se veulent opposants à Kabila a toujours été de ne pas reconnaître qu'il est Président et reconnu comme tel à l'international. C'est pour cela que la majorité de ses adversaires politique, si pas ses ennemis, croyait qu'il était un oiseau pour un chat errant. Erreur monumental. Un jeune inexpérimenté de 29 ans qui est toujours au pouvoir à ses 42 ans n'est pas le fruit du hasard.
Même s'il donne toujours l’impression de ne rien faire, comme un diesel qui tarde à accélérer, l'homme apprend vite. François Hollande (Le même!) ne vient-il pas de descendre les marches de l’Élisée pour lui ? Alors qu'il avait fait tout un cinéma à Kinshasa en compagnie d' Abdou Diouf, faisant même croire qu'il était pour Limété au nom de l'international socialiste.

Ceux qui proclament Kagamé protecteur de Kabila, devront plutôt analyser ce qui se passe réellement sur le terrain. L'ougandais Kagamé est effectivement le père de beaucoup des politiciens congolais. Kabila fait parti du package AFDL, conglomérat d'aventuriers. Or, à ce jour, c'est l'Angola, l'Afrique du Sud, la Namibie, la Tanzanie et le Zimbabwe qui répondent à ses appels. Remarquez que les présidents de ces pays détestent cordialement Kagamé pour diverses raisons.
En coulisse, c'est la Belgique et la France. Posez la question à Areva, Orange et SN avec sa filiale Korango. La nomination de l'américain Jack Rosen, ami personnel d'Obama, comme administrateur à la Gécamines n'ouvre pas les yeux à certains. La Chine et l'Inde, par exemple ne sont que des partenaires commerciaux comme l'étaient les pakistanais, les portugais, les grecs, les juifs, ... installés sur l'avenue Charles de Gaulle de Kinshasa devenue depuis celle du commerce.

Battre un adversaire fort (Nonobstant ses origines) commence par le fait de reconnaître qu'il est. Cela permet de se mettre à la hauteur, sinon ...


@+ sur http://www.rd-congo.info/ dit le fouineur de la RDC

lundi 8 octobre 2012

Francophonie quand tu nous tiens

Tous les deux ans, l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) et les 75 Etats ou gouvernements qui la composent (56 membres et 19 observateurs) tiennent leur sommet. Je ne sais pas pourquoi mais je crois que c’est pour harmoniser la conjugaison et la grammaire de la langue française. Sûrement pas pour régler les problèmes du pays hôte, ni pour valider ses élections, ni pour permettre à son opposition d’exister. A chacun ses problèmes.
Après Dakar 1989, le premier en terre africaine, le sommet prévu en 1991 à Kinshasa fut délocalisé à Paris en raison des pillages de la population par les militaires Faz et du désordre ambiant qui régnait dans le pays. La pression de la France, de la Belgique et du Canada prenant le dessus. Humilié, Mobutu préféra s’y faire représenter par un certain Bukati Bukayi, ministre des Relations extérieures.
Cela fait donc quelques années que le Congo-Zaïre-Congo attend cet événement. A la lumière de ceci, cette rencontre de 2012 est un juste retour des choses pour les 74 millions des congolais qui habitent le pays francophone le plus peuplé de l’univers. N’en déplaise aux politiciens, combattants et combattus réunis. Ceux qui dirigent le pays ne sont que des organisateurs comme l’avait été Abdou Diouf en 1989.
Oyez peuple congolais, François Hollande n’est pas la solution à nos problèmes. Il en a suffisamment chez lui qu’il ne parvient pas à résoudre : Policiers maffieux à Marseille, Arcelor Mittal qui lâche une grosse usine, la grogne chez PSA-Peugeot, hausse des impôts pour renflouer les caisses, Charly-Hebdo qui publie des caricatures sur le prophète, les menaces terroristes, taux de chômage alarmant, faire oublier Sarkozy, les otages au Mali et j’en passe …
A vrai dire, Hollande pouvait se passer de ce sommet qui tombe comme un cheveu dans sa soupe d’où résonnent les noms de Kuthino, Tshisekedi, Tungulu, Chebeya, Banzana, Mokia, Kapend, Diomi et les autres …
L’occasion faisant le larron, il faudrait rajouter une journée à l’événement pour permettre à Abdou Diouf de tenir un séminaire avec comme thème : Comment reconnaître sa défaite aux élections, à tous les niveaux, sans perdre la face (Opposition et pouvoir concernés).
Ceci pourrait nous éviter de nous retrouver avec deux présidents de la république : L’un régnant et l’autre empêché de régner, tous deux déclarés vainqueurs par leurs camps respectifs.
Sans oublier de prévoir une diffusion du film « l’affaire Chebeya ». Une épine.
Au fait, saviez-vous pourquoi le 1er ministre belge ne vient pas ? Simplement parce qu’il donne priorité aux affaires de son pays via les élections communales qui s’y dérouleront et qui y ont une grande importance.
Quid de l'après sommet? L'avenir nous le dira car lui le connaît, foi du fouineur.

@+ sur http://www.rd-congo.info/ dit le fouineur de la RDC

mercredi 3 octobre 2012

Boycottons et boycottez !!!


Trop fort, trop fort, ils sont trop forts !!! Je crois que je finirai fou à force de chercher à comprendre la politique du pays de mbuta Simon. C’est tellement fort que je suis sorti de ma retraite involontaire. Tenez : Ceux qui se veulent membre de l'opposition au « fils de l'autre » (Qui ne veut toujours pas partir !) appellent les congolais à réagir, à internationaliser la crise congolaise en appelant à une solidarité panafricaine, et puis, et puis, …  pour le boycott des produits et des services français. Simplement parce que le Président français François Hollande a décidé de venir assister au sommet de la francophonie à Kinshasa. Le pauvre, il n’aurait plus le droit d’aller là où on le laisse entrer sans visa.
L’idée n’est pas mauvaise en soi, mais quelle pourrait en être l’impact ? Quel mal pourrions-nous, en tant que le commun des congolais, faire à la France des français ? C’est ici que mon âme de guerrier, véritable descendant de Nzinga Nkuvu, se réveille contre ces descendants des gaulois qui se croient tout permis.
Merci de me permettre de réfléchir comme la majorité des congolais moyens (Pour ne pas dire d'en bas) que je suis c.à.d. 99,3 % de la population (Je suis gentil !)  C'est le raisonnement de celui qui attend toujours son mbudi et qui continue d'espérer contre toute espérance tout en étant fonctionnaire, militaire, policier, professeur, cantonnier, pousse-pousseur, chégue, ... Soyez gentil de compléter.
De prime abord, il faudrait vérifier quels sont les produits français utilisés au quotidien par ces 99,3 %  des congolais. Je dois vous avouer ma souffrance cérébrale pour en trouver  que je pourrais personnellement boycotter juste pour le plaisir. Oui, pour le plaisir. C’est une vraie histoire abracadabrantesque (C’est français !) Suivez plutôt ...
Ma vie de tous les jours est ainsi faite :
-Au réveil, je brosse mes dents avec le dentifrice pepsodent (Quand il y en a) de la Marsavco (Margarinerie, Savonnerie et Cosmétique du Congo). Sinon j'ai comme palliatif le nzete ya minu ou le charbon likala qui font aussi bien mais sans le goût de la menthe.
-Au kikoso, je prends mon bain de tous les jours avec le savon monganga et le linyuka, avec comme huile de corps le mafuta ya mbila. Chez moi pas de salle de bain avec de la porcelaine de Limoges. Les cheveux sont traités avec le kisanola ya mbanzi.
-Pour le déjeuner, si le délestage de la faim le permet, le pain vient de la maman qui vend au coin avec le mwamba nguba fait maison. Durant les beaux-jours, Blue band intervient efficacement. Je vous épargne l'intervention de l'avocat et du nguba bakalinga.
-A midi, mon fufu vient du Bandundu avec l'odeur du manioc perceptible à des km à la ronde. Matembele bangi, bilolo, ngai-ngai, mpondu, biteku-teku, wangila, misili, fumbwa et autres (Qui sont mes légumes préférés) ne sont pas plantés en Auvergne mais certains na sima ya ndaku. Le thomson (Arme fatale) est garanti par Damseaux, un belge que Mwenze Kongolo voulait chasser en 2001. Quel risque!
-Le soir, je suis gentil d’y penser, on achète du poto-poto et des mikaté chez la mama ndingari de l’autre coin. Nzombo le soir est toujours là pour libérer les captifs de la faim.
De temps en temps pour manger Bio, nous mangeons des bonobos. Les mboto, mpoka, mongusu, mabundu, capitaine, koba, ngolo, etc (Bien que provenant de Ebale ya Zaïre ebanda na Shaba) sont devenus hors de prix pour le commun des congolais.
-Mes fournisseurs de détente sont: Bana ya nguba, bana ya makasu, bana ya sé-nglasse (Pas glace!) A la place du Bordeau nouveau (Vin à appellation contrôlée),  je me contente du mayi ya Regideso, tshibuku, tshamba, lotoko, lungwila, sese, ngbako et consorts. (Appellations confirmées.)
-Coté mombafu telema mbote, la galerie Mongo a fait faillite. Nous nous vêtons Guan Zhong (Made in China) qui ne durent pas longtemps. Même à Gambela.
-Pour les divers : J’ai accès, de temps en temps, à la vrai bière selon les pubs des brasseurs de Werra, Wazekwa  ou Koffi. Mais pas de Johnny Halliday à la Fikin.
Fatigué de chercher, je me suis dit que c’est compliqué de faire la politique qui se dit être une manière d'agir avec autrui habile, judicieuse, diplomate et calculée. Comment pourrais-je boycotter ce qui est inaccessible pour moi?
Combien des congolais consomment la vache qui rit ? Juste pour rigoler …
Eurêka : J’ai décidé de boycotter Air-France. De toute façon, ils ne savent pas que je n’ai pas d’argent pour payer le billet d’avion ni de visa d’ailleurs. Mais il ne faut pas le répéter, boycottons et boycottez !
(Les appellations d’origines confirmées sont intraduisibles, c’est pour cela qu’elles sont usitées comme telles dans le texte.)

@+ sur www.rd-congo.info dit le fouineur de la RDC

jeudi 17 novembre 2011

Etrange ces étrangers ...

Etre congolais, cette arme que certains ont cru bon de brandir contre leurs adversaires, n'a pas encore convaincu. Depuis un certain temps, il nous est apparu un certain niveau de haine de l'étranger qui n'est pas de bon aloi. Comme partout et dans tout, il y a les bons et les mauvais mais il faut faire un tri.
Dans la situation actuelle en RDC, il n'y a que les bonobos, les okapis et les pygmées qui peuvent se dire congolo-zaïrois-congolais. La plupart des royaumes qui ont constitué l'Etat Indépendant du Congo étaient à cheval sur la frontière tracée par les émissaires de Léopold II et confirmée par la fameuse Conférence de Berlin de triste mémoire.
Triste? Eh oui, simplement parce que beaucoup des autochtones sont devenus étrangers sur la terre de leurs ancêtres. Y a-t-il une différence entre un tshokwe de la RDC et de l'Angola?
Comment Antoine Moundanda pouvait-il être un étranger à Kinshasa? Et Ngaliema, était-il congolais ou congolais ? Selon le bord où l'on se trouve. Dos Santos était-il vraiment un étranger à l'Université de Lovanium si l'on se réfère à ses racines kongo? Qu'en est-il des tous ces descendants de Nzinga Nkuvu qui se sont retrouvés dans un pays nommé Angola, Congo Brazzaville, Cabinda, Gabon, ... sans leurs accords?
Etrange ces étrangers, mais quel étranger ?
En ces temps où le pire ennemis des congolais reste son frère congolais, accuser un étranger d'être responsable de nos maux reste une fuite en avant que nous aimons utiliser à tout vent. Regardons-nous dans un miroir et posons-nous quelques questions simples et non exhaustives:
1. Admettons que Léon Kengo soit un étranger: Qui en a fait un congolais? Qui l'a élu Sénateur congolais? Qui l'avait nommé Procureur? Qui en avait fait le recordman du poste de 1er Ministre? Qui sont membres de son parti? Pourquoi Tshisekedi a-t-il rencontré cet étranger à Bruxelles qui l’appelait « grand-frère »? Son épouse est de quelle nationalité?
2. Admettons que Joseph Kabila soit un étranger: Qui l'a amené en RDC en déclarant que c'est son rejeton? Qui lui a donné un mandat dans 1+4? Qui l'ont élu en 2006? Alors qu'il est indépendant, qui ont créé l'AMP et le PPRD pour le soutenir? Y a-t-il 100.000 militaires rwandais à Kinshasa pour le protéger? Son épouse est de quelle nationalité?
3. Admettons que Vital Kamerehe soit un étranger: Qui en ont fait un leader politique? Qui l'ont élu Président de l'Assemblée Nationale Congolaise? Combien des politiciens congolais parlent les quatre langues nationales comme lui? Qui ont adhéré à l'UNC? Pendant que les congolais tenaient à leurs postes gagne-pains, qui a protesté ouvertement contre l'entrée des rwandais en RDC? Pourquoi cet étranger devrait-il s'entendre avec Tshisekedi? Son épouse est de quelle nationalité?
Vous pouvez rajouter vos questions et y répondre. Ceci m'a l'air de fonctionner selon le système de qui veut noyer son chien dit qu'il a la rage.
Je me rappelle une situation cocasse: Certains avaient osé traiter Mukuna Trouet de belge (Donc étranger) lorsqu'il faisait la pub "Omela, c’est bon! Omela, ça goûte!". Ridicule ou jalousie?
L'étranger peut être un plus: Balladur, Sarkozy, Makelele, Mandanda, Zidane, Platini, … l'ont prouvé en France. Un petit kenyan est le président des USA, le plus puissant.
La RDC n'a pas besoin de tout ça. Le peuple en a marre d'être paupérisé à ce point. Ce dont il a besoin, c'est un dirigeant avec un programme réaliste qu'il sera capable de mettre en place et surtout de le réaliser sans promettre le paradis alors qu'il est (Lui-même) incapable de quitter l'enfer.
Il y a un temps pas si lointain, tous les pays limitrophes craignaient le grand Zaïre. N'ayons point honte de nos bêtises, reconnaissons les et regardons-nous dans un miroir en reconnaissons que nous sommes tous coupables. Sauf les étrangers, les vrais.
Car qui gagne 6000 dollars pendant que les fonctionnaires souffrent? Qui roulent carrosse alors que la population n'a pas des moyens de transport convenables? Qui sont sénateurs et députés? Serait-ce les tanzaniens? Il y a plus de 19.000 candidats pour 500 places à la députation, sont-ce tous des rwandais, des burundais ou des ougandais? Qui ont asservi  les congolais pendant 32 ans et dont les suppôts sont toujours là? Serait-ce Kagamé, Dos Santos ou Museveni qui bloque la paie des militaires? Les bourses des étudiants congolais à l’étranger ont-elles été empochées par les rwandais?
Je vous rappellerai seulement que c’est le Maréchal qui a aidé Museveni à devenir président et que ce dernier aida Kagamé à le devenir à son tour. Et les deux s’unirent pour chasser leur bienfaiteur.
Ô miroir, dis-moi la vérité … Suis-je congolais ?
@+ sur www.rd-congo.info dit le fouineur de la RDC

mercredi 2 novembre 2011

Dieu nous l’avait donné, il nous l’a repris ...


Depuis la nuit des temps, les artistes ont toujours fait des entrées et des sorties. Mais celui de la photo a choisi de nous la jouer « live ». Normal, il ne faisait rien comme tout le monde. On l’appelait Dieudonné Kabongo (Je ne m’appelle pas qu’il disait). Que des souvenirs de ce complice de Brigitte Grafé dans l’émission « radio cadence » de la Radio télé belge.
Pour rendre hommage à cette sortie inopinée, j’ai préféré reprendre le texte de Colette Braeckman (Eh oui la même, celle que certains aiment quand elle écrit dans le sens des poils et la détestent quand elle fait le contraire …) Le fouineur.

Un comédien peut-il rêver plus belle mort ? Dieudonné Kabongo s’est effondré en scène, à Jette, où il participait à une représentation des « Nouvelles de l’Espace » un spectacle de Jean-Louis Leclercq. Comme Molière, il a quitté la vie sur une dernière pirouette, face à ce public qu’il aimait tant et qui le lui rendait bien et qui n’aura pas eu le temps de le remercier, de lui faire une ovation.
D’autres multiplient les tournées d’adieu, n’en finissent pas  de se retirer sur la pointe des pieds mais à grand bruit. Dieudonné lui, massif et sans concessions comme il était, s’est écroulé d’un bloc et c’est bien la seule fois où il n’a fait rire personne. Comment et où le remercier ? Où est-il à présent ? Au paradis des ancêtres, quelque part du côté du Katanga, sa terre natale ? En compagnie de Molière et des autres, dans un coin du ciel réservé aux gens de son espèce, ces parias qui naguère ne pouvaient pas être enterrés en terre chrétienne ? Dans une médiathèque où les fans revoient le film de Raoul Peck sur Lumumba où il incarnait un Mobutu implacable, plus austère que nature ? Peut-être hante-t-il aussi les coulisses de ces théâtres où on le vit si souvent, les petits cours du off d’Avignon où il officiait parfois à l’heure du thé, les scènes  de Bruxelles et de Boistfort, la commune où il s’était intégré depuis si longtemps ?
Mais saura-t-on vraiment qui était Dieudonné ? Tellement congolais, avec son grand rire, son regard malicieux, ses aphorismes et ses souvenirs de la colonisation «il paraît que vous m’avez découvert… » Tellement belge aussi, réaliste, surréaliste, spectateur amusé et parfois inquiet de nos querelles tribales, de nos paradoxes qu’il savait croquer comme pas deux. Dieudonné, en privé, comme tous les grands comiques, était souvent grave. Il évoquait le destin du Congo, la guerre, les injustices, suivait au jour le jour les péripéties politiques ; il aimait aussi parler de la Belgique, de la vie et des amis ; il savait aussi se taire, écouter en silence et puis, alors qu’on ne s’y attendait pas, lâcher une vanne désopilante. Il ne parlait jamais de sa santé, de ses finances, de son avenir, comme s’il affectait de vivre dans l’instant, et cela alors que l’on connaissait son affection pour sa famille, ses soucis, ses combats…
Kabongo, c’est, littéralement un homme que Dieu nous avait donné, que le Congo nous avait prêté. Durant tellement longtemps, il nous a donné le meilleur, en radio, au théâtre, au cinéma, il nous a enchantés à chaque rencontre… Aujourd’hui Dieu nous a repris Dieudonné. Il faut croire que lui aussi  avait envie de rire  un peu, aux premières loges…